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lundi 11 mai 2009

Paes : «Une saison épuisante»

Article l'équipe.fr

Mauricio Paes (Photo L'Equipe)
Mauricio Paes (Photo L'Equipe)

Lundi, 18h30. Mauricio Paes (Photo L'Equipe), l'entraîneur du Paris Volley, a dormi deux heures en deux jours, titre national oblige. Mais pour se reposer véritablement, il va devoir attendre juillet. Le Franco-Brésilien au visage poupin doit constituer sa nouvelle équipe cette semaine, notamment remplacer son pointu, avant de devenir assistant en équipe de France pour la Ligue mondiale. Cependant, cette fatigue - «ça fait un moment que je ne dors plus» - n'hôte pas la lucidité du technicien, doté d'une analyse très fine du comportement de son équipe et des adversaires. «Quelque part, au fond de nous, on avait presque l'impression qu'on ne pouvait pas être battus», estime-t-il.

«Mauricio Paes, dimanche, à 13-13 dans le tie break, à quoi pensiez-vous ?
Paradoxalement, par rapport à tout le reste du match, j'y crois vraiment à ce moment-là. C'était Filip (Rejlek) qui arrive au service et depuis le quatrième set, il est très costaud la dessus. Ce n'est pas un hasard s'il en a réussi un beau et si on a ensuite conclu sur un très beau block.

Il semble que le tournant du match se passe dans le deuxième set, quand votre équipe hausse son niveau au contre. Est-ce votre sentiment ?
C'est très bien vu. Il y a eu un premier déclic au deuxième set. Avant, il y avait peut-être le fantôme du match contre Tours. On attendait trop d'être au golden set. Il faut dire aussi que Tourcoing a fait une très, très belle partie. Au troisième set, ils ont été très costauds mais malheureusement pour eux, ils ont laissé une brèche au quatrième et on en a bien profité. Dans le cinquième set, la pression s'est égalisée et à ce moment là, on a été plus forts.

Vous ressentiez le fait que Tourcoing n'ait jamais gagné une finale comme un avantage ?
Je ne crois pas trop qu'on puisse appliquer les archétypes de Jung (les modèles régulant l'inconscient collectif, Ndlr) au sport. Ce n'est pas la même équipe, pas le même entraîneur, pas les mêmes circonstances. Et pas la même équipe de Paris non plus, même si de nombreux éléments avaient l'habitude de matches comme ça, comme Marcelo (Heargraves), Dennis (Van Der Veen), Victor (Rivera), Hubert Henno. Jiri (Novak), je n'en parle même pas. Et pas seulement l'habitude de les vivre, mais aussi les gagner. Quelque part, au fond de nous, on avait presque l'impression qu'on ne pouvait pas être battus. A certains moments, cela peut faire la différence.

«Une saison plaisante mais plus dure»

Le Paris Volley peut d'ailleurs dresser une statue pour Jiri Novak...
Les gens ne sont pas au courant mais il avait très, très mal à l'épaule. Il a eu du mal à être bien tout le temps et il a eu un petit passage à vide dans le quatrième set. Mais il est très bien revenu dans le cinquième, au moment de gagner. Ça, il sait le faire. Tout au long de l'année, il a montré l'exemple aux autres joueurs qui ont fini par hausser leur niveau. De ce côté là, il apporte énormément.

Philippe Barca-Cysique, après la finale, disait que selon lui «Paris était prenable». Cette saison était-elle différente des précédentes ?
Cela aura été une saison très épuisante parce qu'on a été obligé de chercher très loin la dynamique de groupe. Mais elle a été très plaisante car nous sommes tombés sur un groupe qui avait une capacité de travail énorme. Enfin elle a été un peu plus dure parce qu'avec Tourcoing, Montpellier, Poitiers, Tours, le Championnat a été d'un niveau très élevé.

L'élimination de Poitiers en quarts vous donnait l'avantage du terrain jusqu'au bout. Est-ce que ça vous a libéré mentalement ?
En play-offs, on a été centrés sur nos qualités à nous, à nous adapter au profil de l'adversaire. Dans un premier temps, il nous fallait retrouver une confiance parce que la fin de saison avait été un peu difficile. La blessure de Marcinio (le libero Marcos De Oliveira) a fait beaucoup de mal à l'équipe parce qu'il apportait beaucoup dans l'ambiance. Mais à partir du moment où on passait Tours en demie, ca nous donnait une vraie valeur. D'ailleurs, il y a un petit détail dont les gens ne se sont pas aperçu, c'est qu'on n'a jamais été favoris de toute la saison. Mais parce que Tourcoing perdait toutes ses finales, on nous a soudainement mis favoris. Et ça a mis une petite pression dont on avait pas besoin.

Mais vous étiez logiquement favoris. Trop de tradition...
(Il coupe) Mais pendant la saison, on nous attendait juste en play-offs, dans les quatre. Et Tourcoing avait un effectif extraordinaire. Alors c'est vrai, on avait un peu plus l'habitude de gagner. Mais en jouant à l'extérieur le premier match, la fatigue était plus pour nous que pour eux. Vendredi, on est rentrés à quatre heures du matin et on a juste fait un petit décrassage. Samedi, j'ai même un peu trop forcé peut-être. Enfin dimanche, on a eu une très belle salle Charpy.

«Avec l'équipe de France, je veux qu'on gagne tout»

Qu'avez-vous fait dimanche soir ?
On a bien fêté ça, très tard. Et les joueurs encore plus tard, parce que moi, j'étais vidé. Ca fait un moment que je ne dormais plus.

C'est le cas chaque année à la même période ?
Un peu plus cette fois parce qu'on avait des joueurs à certains postes clés qui avaient un peu moins d'expérience. C'est le cas de notre pointu (Filip Rejlek), dont c'était la première finale. En plus, il y avait un contexte particulier puisqu'il avait déjà signé à Tourcoing, ce qui lui a rajouté une pression supplémentaire dont il n'avait pas besoin. Il voulait prouver que ça ne lui posait aucun problème mais à force d'en faire trop, il avait un truc qui lui trainait derrière la tête. Alors quand il a gagné, il était vraiment très content.

Quel devrait être le profil de l'équipe la saison prochaine ?
Pour l'instant, le seul joueur parti est Rejlek. Dès cet après-midi, j'étais en train de travailler pour trouver un pointu. Notre passeur (Bazin) et les "recep-attaque" (Bleuze, Novak, Rivera) sont sous contrat. Il faut juste que le club trouve peut-être un peu plus d'argent parce qu'on a une Ligue des champions à jouer l'année prochaine. Dans cette apreuve, il faut qu'on fasse mieux que cette année (deux victoires - quatre défaites au premier tour), même si on a déjà fait mieux que la précédente.

Comment appréhendez-vous votre nouveau poste d'assistant de Philippe Blain en équipe de France ?
C'est une énorme fierté. Je vais débuter avec eux le 19 mai et j'espère bien finir le 26 juillet avec une belle finale en Serbie. Je veux qu'on gagne tout. Pour moi, c'est une expérience fabuleuse et même si ça reste du volley, ce sera un bol d'air. Les joueurs et Philippe vont beaucoup m'apporter et j'espère pouvoir leur apporter aussi quelque chose.»

Propos recueillis par Xavier COLOMBANI

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