
Arrivé de Poitiers cet été après une saison difficile, le réceptionneur-attaquant Clément Bleuze (Photo L'Equipe) s'est totalement relancé avec le Paris-Volley, dont il était un titulaire régulier avant de se faire une entorse à une cheville mi-décembre. "La biche", son surnom, fait le point sur la situation des champions de France avant le match à Montpellier, mardi, et sur sa situation personnelle.
«Clément Bleuze, le passeur Yannick Bazin disait fin octobre que la principale force du groupe était sa solidarité. Est-ce toujours d'actualité ?
Plus que jamais ! Il n'y a pas une seule grosse bouche (sic) à part Mauricio Paes (l'entraîneur). Tout le monde est tolérant envers les autres, il n'y a aucun fainéant et comme on gagne... En début de saison, personne ne nous annonçait là où on est. C'était Cannes, Cannes, Cannes ! En fait, on s'est est pas mal sorti depuis le début de la saison alors qu'avec la blessure de Jiri (Novak), ça ne s'annonçait pas comme ça. J'espère qu'on ne s'essouflera pas.
Votre mois de janvier en Pro A est étrange. Vous allez affronter quatre équipes de la deuxième moitié de tableau, dont les deux derniers, plus Saint-Quentin, mais trois de ces matches ont lieu à l'extérieur...
Oui, mais j'ai l'impression qu'on a plus de facilités à l'extérieur. C'est plus à domicile que c'est inquiétant. Peut-être se met une certaine pression. A Paris, c'est un peu particulier, il n'y a pas trop de public. Je connais trois supporters qui viennent souvent, même à l'extérieur. C'est assez réservé. Il n'y a de l'ambiance que si des scolaires sont là. J'en parlais avec Yannick Bazin. La veille de la trêve, contre Alès (victoire 3-0), le gymnase était presque vide, il y avait de la lassitude et le niveau était horriblissime, le match piège typique. A l'inverse, quand on est allé jouer à Poitiers, j'avais des frissons devant la salle pleine à craquer, alors que j'y ai passé un an. Ce n'est pas très grand mais tout le monde crie. C'est quand même agréable, comme à Tourcoing ou à Tours. Paris, c'est un phénomène à part.
A titre personnel, comment évolue votre blessure ?
J'ai repris doucement, histoire d'avoir du contact avec le ballon. C'est surtout de la défense. Je ne peux pas encore sauter. Ce devrait être le cas dans une semaine. Pour un retour à la compétition, ce ne sera pas avant deux semaines.
Vous êtes parti de Poitiers cet été après seulement un an au club. Pourquoi ?
J'ai connu une année un peu dure. J'étais à Poitiers et ma femme à Paris, enceinte de notre deuxième enfant. Elle est professeur et ce n'est pas simple d'avoir une mutation. J'étais prêt à revenir sur Paris (il a été formé à Asnières, Ndlr).... quitte à arrêter le volley, ou au moins à aller en N1, au Plessis-Robinson. Le jour où j'ai su que Poitiers ne voulait pas me garder - encore que c'est plus compliqué que ça - j'ai appelé Mauricio Paes, qui m'avait contacté l'année précédente, et je lui ait dit que j'étais disponible. Ca s'est vraiment bien goupillé.
Vous pensiez à la N1 et vous vous retrouvez titulaire chez le leader en Pro A...
C'est rigolo, je ne lis pas trop la presse mais j'avais vu le journal après la victoire contre Tours, avec notre place de leader. Alors oui c'est une satisfaction personnelle et une fierté. Mais il faut relativiser, on n'est qu'à la moitié de la saison.
Votre position est d'ailleurs remise en cause par le retour de Jiri Novak.
On se disait avec Victor Rivera qu'avec Jiri de retour, ça se jouera entre lui et moi. Mais avec un Jiri à un bon niveau, je pense qu'il n'y aura pas de poste fixe. Chacun a des qualités très marquées et la moindre faille de l'un peut-être compensée par un autre. Mauricio risque de faire beaucoup bouger.
En parlant de qualités, vous citiez la réception comme votre atout n°1 en signant à Poitiers. C'est toujours votre avis ?
C'est surtout le fond de jeu. Je me démarque peut-être un peu des autres en réception mais j'espère apporter plus en défense, à la relance. Victor et Jiri sont plus offensifs.
Cela vous permet-il de viser l'équipe de France selon vous ?
A un moment, j'étais vraiment orienté équipe de France. C'était le but. Mais j'ai été stoppé dans mon élan à Poitiers. Là, mon esprit est totalement au Championnat avec Paris. Si ça vient, ça viendra. Je n'ai eu de sélection ni en jeunes, ni en séniors, j'ai juste fait deux jours, et encore, avec les A' avant d'avoir un pneumothorax.
D'où vient votre surnom, "la biche" ?
Ca remonté à Asnières. Quelqu'un devait venir, Clément Bichet (ancien équipier de Frantz Granvorka notamment au Centre national du Volley-ball), une vraie légende urbaine. Alors quand je suis arrivé, Hubert Henno m'a demandé : "c'est toi Bichet ?" C'est devenu la biche et c'est resté. Très peu de gens m'appellent Clément.»
Propos recueillis par Xavier COLOMBANI


1er septembre :
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